Politique

30 janvier 2012

A ceux qui se demandent si il faut faire grève demain, aux journalistes qui nous en parlent : 

http://www.pauljorion.com/blog/?p=33215

 

Cette grève n’est pas une grève comme les autres : elle préfigure le combat de société qui va se jouer bientôt à une autre échelle, entre les peuples et un petit monde qui réclame l’argent qu’il a perdu, et ceci, quel que soit le prix à payer par ceux-là.

 

Illustration : Man push cart

La sous traitance dans le nucléaire

La sous traitance dans le nucléaire, on en parle régulièrement, et avec Fukushima c'est l'occasion de se (re)poser des questions.

Cela me fait penser à "Tête de Turc" de Günter Walraff, au moment où il décide de travailler dans le nucléaire en se faisant passer pour un ouvrier turc. Il explique que ses collègues illégaux qui travaillent dans les centrales pour faire du nettoyage traffiquent leurs carte de comptage de doses reçues annuellement afin de pouvoir travailler plus longtemps. Ils se retrouvent, après un temps relativement court, "grillés", irradiés, impropres au travail, souvent malades, parfois mortellement.

Une lecture surement plus intéressante que celle du site de loby pro nucléaire vanté sur les affiches du métro ces derniers temps. Lisez nottament la réponse à la question "Est-il dangereux de travailler dans ou autour d'une centrale nucléaire ?"

Et puis lisez cet article, résumé ci dessous : Nuclear nomads: A look at the subcontracted heroes | Bulletin of the Atomic Scientists

During much of the cleanup process at the Fukushima Daiichi Nuclear Power Station, thousands of subcontracted day laborers will be exposed to levels of ionizing radiation well in excess of internationally recommended annual limits.
Subcontracted laborers account for some 90 percent of Japanese nuclear power plant workers during normal reactor operations; they often receive around three times the annual dose absorbed by a full-time plant employee.
The subcontracting approach within the nuclear industry carries exceptional risks and implications. And until these are recognized and documented, complex social and physiological realities will continue to be hidden.

 

Richard Stallman Was Right All Along

As our society grows more dependent on computers, the software we run is of critical importance to securing the future of a free society. Free software is about having control over the technology we use in our homes, schools and businesses, where computers work for our individual and communal benefit, not for proprietary software companies or governments who might seek to restrict and monitor us.

Lien : Richard Stallman Was Right All Along

 

L'importance réaffirmée du logiciel libre au service des libertés de chacun

Qui aime faire ses courses chez ikea?

Une conférence très intéressante sur la manière dont sont conçus les magasins ikea (en anglais mais sous-titré).

Rendez-vous à la minute 25 si vous ne voulez pas tout regarder. C'est une explication assez fascinante sur la manière dont les magasins ikea sont architecturés. Et sur l'influence que cette architecture a sur notre manière de consommer. En résumé partiel:

- Le magasin est architecturé de manière à nous guider dans une direction, alors même que vue du dessus (en plan) nous pourrions nous diriger autrement dans le magasin. Nous ne le faisons pas, car le plan tient compte de notre morphologie : nous avons des yeux qui regardent devant nous (dit autrement, notre champ de vision est limité). Nous suivons donc les autres clients et suivons un chemin préconstruit dans le magasin, alors même que celui-ci est très désorientant. Une simulation avec des agents informatiques virtuels donne les même résultats.

- Ce chemin est long, et ralenti le moment de gratification. A savoir le moment où finalement nous allons réellement atteindre les objets que nous souhaitions obtenir, ceux pour lesquels nous sommes venus initialement. A noter que 60% des achats faits chez ikea ne figurent pas sur la liste de course initiale.

- Cette longueur de parcours use notre temps utile et notre concentration. Le temps imparti pour une visite chez ikea est consommé en grosse partie à "flâner" dans des chambres à coucher, des salons et des cuisines, la partie réellement utile (sélection et achat, mise en adéquation avec l'objectif initial, réflexion d'achat) est réduite à peau de chagrin.

- Ce temps passé, cet effort accompli rend légitime notre envie d'achats impulsifs

- La complexité du plan de magasin nous retire notre autonomie. Le conférencier compare le plan d'un magasin ikea avec le plan d'une ville et son organisation, pensée dans le cas d'une cité autant que possible pour que les personnes ne se perdent pas.

Est-ce de l'abus? Malgré le fait que nous sommes des adultes consentants, l'architecture particulière mise en place dans les magasins ikea n'est certainement pas innocente, et à probablement un impact très important sur nos réflèxes d'achat. On n'achète pas chez ikea uniquement parce qu'il y a des tables à 5 euros.

My Selor is rich

Si vous avez envie de connaître les comportements à risque quand on est un belge moyen, rien de tel qu’un contrat d’assurance vie. Vous y découvrirez qu’être pompier volontaire, fumer ou pratiquer le saut à l’élastique n’est pas très bon pour votre espérance de vie. Du moins à en croire les assureurs. Et je pense qu’on peut leur faire confiance. C’est là le charme d’un questionnaire d’assurance vie.

Pour les examens du Selor, c’est pareil. Vous avez envie de savoir de quoi sera constitué l’élite administrative de demain? Participez à un examen Selor. Vous y décrouvrirez par exemple ce qu’il faut maîtriser pour être sélectionné en tant que candidat à la fonction d’attaché à la communauté française.

L’examen est composé de 3 tests. Un premier test où l’on doit déterminer quel est la cinquième petite forme après en avoir vu quatre autres. Un autre où l’on doit déterminer, qui de Jean, Paul, ou Henry a fait les meilleures ventes en fonction d’un tableau de chiffres pour les différentes succursales de leur pme. Enfin, le troisième vous demandera toute votre attention afin de déterminer si les racines de telle sorte de gazon ont une influence sur la couche d’ozone ou l’humidité du substrat ou les deux ou je-ne-peux-le-déterminer-avec-ces-informations. C'est extrêmement orienté math, stats et logique. Les tests ne parlent que de profit, de vente, de congés maladie, de vente de vaches ou de cochons, de nombre de millimètre de pluie. On pourra rétorquer que ces tests utilisent n'importe quels exemples et que le sujet n'a pas d'importance... A voir.

Je me demande dans quelle mesure de tels tests vont permettre de dénicher qui que ce soit d’intéressant et pour quelque fonction que ce soit à la communauté française (ou dans tout autre administration). A la limite si une grande banque voulait engager, si une entreprise cherchait un comptable ou que sais-je... mais en l’occurence on parle bien ici de service public, de culture, d’accueil des personnes, d’enseignement, de cinéma, de lettres, d’aide à la jeunesse...

Alors, tout comme les assurances nous permettent d’entrevoir la manière dont nous allons clamser, le test du selor me permet d’entrevoir le fonctionnaire de demain (dans le désordre) : méticuleux, chiffreur, précis, gagnant-gagnant, calculateur, traceur de cercle, fermeur de carré, penseur de virgule, pro de la circonvolution, titilleur de saut à la ligne.

De mon côté, c’est avec une impatience non feinte que j’attends mes nouveaux collègues pour faire une partie de sudoku avec eux.

Que va-t-on bien faire avec ça ?

...franchement ?

Gérer les lois comme du code source

Le gestion des textes législatifs est un véritable casse-tête. Qui a changé quoi, comment gère-t-on les addendum, de quand date telle modification, comment trouver tel élément de loi, etc...

Le législateur est confronté à une quantité massive de texte, manipulé et modifié par une multitude d'acteurs, et qui doit être rendu public de la manière la plus transparente possible.

Cela fait un certain temps que j'y pense : les textes de lois et les problèmes qu'ils entrainent ressemblent très fort à ce qui se pose pour les développeurs informatiques dans la gestion du code source. En imaginant que l'on applique les même principes informatiques aux textes de lois on pourrait sans doute faciliter le travail de tout le monde, et rendre le processus un peu plus transparent au passage.

On pourrait par exemple gérer les textes dans un système de gestion de version (type CVS ou SVN). Cela permettrait de savoir qui a changé quoi, à quel moment, et de toujours pouvoir consulter les textes dans une version précédente.

Appliquer les principes du développement open source à la gestion des textes législatifs serait un grand pas pour la démocratie.

J'ai découvert aujourd'hui quelqu'un qui pense la même chose. A lire ici : http://seanmcgrath.blogspot.com/2010/06/kliss-law-as-source-code.html

Pourquoi et comment voter le 13 juin

Certains disent qu'il ne faut pas aller voter. Que les hommes et femmes politiques sont tous pourris.

Moi ça me fait toujours un peu peur ce genre de propos. Il a quand même fallu beaucoup d'efforts pour mettre en place un système électoral correct. Un peu comme si on revenait en arrière en ne rendant plus le vote obligatoire. Ne pas voter c'est voter pour la majorité. Et la majorité, elle ne sera peut être pas formidable. Autant voter pour faire pencher la balance, autant que possible et dans les limites inhérentes à la démocratie. Alors comment y voir plus clair?

Un article de Jean Blairon sur la question:
http://www.intermag.be/index.php?option=com_content&task=view&id=227&Ite...

Replanter des arbres en milieu désertique

Voici un appareil très simple (et passif) pour donner suffisamment d'eau à des arbres replantés en milieu désertique.

Il fonctionne sur le principe de la condensation afin de capturer un maximum d'eau lors des transitions chaud-froid qui ont lieu chaque nuit en milieu désertique. Cela me fait penser au expériences amusantes que l'on pouvait faire, enfant, avec les livres de science.

L'inventeur donne comme chiffres (quasi miraculeux) de 88% de survie des plantes (le reste des plantations étant "faibles"). Sans l'appareil, le taux de survie est de 10% (le reste des plantes étant mort).

Une solution pour rendre des terres totalement inutilisables pour quoique ce soit, pour augmenter la capacité d'absorption de CO2, et alléger quelque peu les conditions de vies en milieu désertique. Tout simplement génial.

http://www.groasis.com/

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Pour ou contre le nucléaire

Une nouvelle campagne est lancée cette semaine. "Pour ou contre le nucléaire" peut-on lire sur tous les abribus de la capitale.
Un spot de 1 minute(très beau graphiquement) est visible ici : http://www.youtube.com/watch?v=8R763uLkNlA

On nous propose un forum afin de discuter "pour ou contre le nucléaire".

Voici mes réflexions avant d'aller sur le site, à partir des affiches :

N'est-ce pas un peu étrange de nous demander d'être pour ou contre le nucléaire? Est-ce la seule façon de débattre? Etre pour ou contre quelque chose? Le débat contradictoire n'existe soudainement plus? On s'attend donc sur le site à ce que les discussions s'éternisent entre les pro nucléaires et les anti nucléaire. Le débat ne sera certainement pas très riche. Qui va parler du fait que l'énergie la moins polluante est celle que l'on ne consomme pas? Qui va dire que la responsabilité émane de chacun. En mettant tout l'accent sur "pour ou contre", on va simplement éluder la question de la consommation responsable (donc limitée). Au final, pour ou contre le nucléaire, ça n'a pas tellement d'importance, vu que l'ensemble des méthodes de production sont gérées par les distributeurs d'électricité. Ils s'adapteront de toute façon à l'opinion public. Tant qu'on consomme.

Mais le plus surprenant, c'est quand après cela j'ai été sur le site :

PAS DE TRACE DE FORUM

Quand un site internet contient le mot "forum" dans son nom, en terminologie internet cela veut dire que l'on va pouvoir participer à un débat en publiant des textes dans un espace libre (éventuellement modéré). D'après wikipedia : en informatique, forum (sens provenant de l'anglais) est un espace virtuel qui permet de discuter « librement » sur plusieurs sujets divers ;

Rien de tout cela sur le site nuclearforum.be
Ce qu'on nous a vendu comme forum est un site d'information unidirectionnel, banal et orienté (le tout semble financé par différents acteurs pronucléaire)

Bravo pour le débat public!

ps : on peut tout doucement ériger en règle le principe suivant : quand on parle de quelque chose à l'aide d'une campagne d'affichage imposante dans les abribus, c'est probablement de la m... vu les coûts d'une telle campagne.

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